MOTEURS DIESEL

le Diesel
types d'injection - l'injection du gazole
la pompe d'injection - les injecteurs
le pré-post chauffage

Diesel common-rail

maintenance des moteurs Diesel

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préchauffage

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Le moteur Diesel


1804 - J.B. Biot (F) : principe de l'échauffement adiabatique des gaz par compression (Principe du moteur Diesel).
1893 - 1er moteur de Rudolph Diesel breveté par l'Office Impérial des Brevets de Berlin (n°67207, 23.02) pour ses "modes de fonctionnement et type d'exécution pour machines motrices à combustion interne".
1897 - Présentation et homologation du 1er moteur Diesel, réalisé par Diesel et la Maschinenfabrik d'Augsburg (future MAN), sous le contrôle de l'Ecole supérieure de technique de munich ; monocylindre vertical 4 temps, consommation spécifique 239 g/ch/h, moteur peu sensible à la charge.
1921 - Automobile PEUGEOT Diesel 16 HP à injecteurs fermés alimentés par une pompe mécanique à deux pistons plongeurs conçus par l'ingénieur Tartrais ; moteur abandonné à cause de sa trop faible vitesse de rotation (1200 tr/mn) après un parcours Paris-Bordeaux-Paris.
1936 - MERCEDES-BENZ 260 D, 1ère voiture à moteur Diesel produite en série.
1977 - Salon de Francfort : MERCEDES 300 SD, moteur Diesel turbo-compressé pour la prermière fois sur une voiture de tourisme.

Le cycle Diesel

1. Aspiration de l'air - Transformation isobare (pression constante) ; Pa = 1 bar, Ta = 300K.

2. Compression isentropique de l'air élevé à la température de 600°C ; transformation adiabatique, P2.V2g = P1.V1g, T2.V2g-1 = T1.V1g-1 ; rapport volumétrique 15-20 (8-12 pour les semi-Diesel) ; fin de compression 25- 35 b, 400-500 °C

3. Injection du gazole qui s'enflamme spontanément (combustion) grâce à la chaleur dégagée lors de la compression , transformation isobare V2/V1 = T2/T1g, Q1 = cv(T2 - T1) ; combustion 80-150 b, 2300 °C

4. Détente isentropique fournissant un travail moteur ; transformation adiabatique, P2.V2g = P1.V1g, T2.V2g-1 = T1.V1g-1.

5-6. Echappement des gaz brûlés ; transformation isochore (5), Q2 = cp(T2 - T1), rendement 1 - Q2/Q1 , transformation isobare (6)

Rendement global 0,40,
consommation spécifique 180 à 200 g/ch/h (225-250 g/ch/h pour les moteurs essence).

Types d'injection

Injection indirecte

Historiquement, la première utiliseé dans les moteurs d'automobiles.
L'application du moteur Diesel aux véhicules automobiles légers privilégie parfois le silence de fonctionnement au détriment d'une légère surconsommation.
Pour satisfaire à ces conditions, les moteurs Diesel montés sur les voitures étaient, jusqu'à un passé récent, de type à chambre divisée (injection indirecte).

Deux principes sont utilisés : les préchambres et les chambres de turbulence.
L'espace où se produit la combustion est formé de deux chambres qui communiquent à travers un conduit étroit :
- une préchambre, représentant 30 à 60% du volume total, dans laquelle le carburant est injecté et où s'amorce la combustion après que l'air y ait été introduit presqu'entièrement dans la phase de compression ;
- une chambre principale comprise entre le piston et la culasse, dans laquelle la combustion s'achève entièrement.
L'injection du carburant dans ce petit volume relativement chaud permet de réduire le délai d'allumage du combustible. Seule la quantité minimum de combustible nécessaire à l'amorçage de la combustion s'enflamme, le reste se trouve chassé de la préchambre par l'augmentation de pression et la combustion se poursuit dans la chambre principale.
Les moteurs à injection indirecte remplissent les conditions requises pour son application à l'automobile, à savoir un relatif silence de fonctionnement et un faible taux d'émissions de NOx.
Le second choc pétrolier en 1973 et les normes de dépollution toujours plus sévères ont amené les constructeurs à repenser le moteur Diesel en termes d'économie et de faible pollution.
Injection directe

Le moteur à injection directe s'impose pour son rendement supérieur à ceux des moteurs à injection indirecte.
En effet, le rapport entre la surface et le volume de la chambre de combustion est nettement plus faible pour un moteur à chambre à espace mort unique (injection directe) que pour un moteur à préchambre (injection indirecte) ; de plus, la durée de la combustion est plus courte dans un moteur à injection directe.
Ces deux paramètres diminuent les échanges thermiques entre la chambre de combustion et le système de refroidissement, facteurs de perte de rendement.
Les problèmes liés à l'injection directe sont de deux ordres : bruits de combustion et émission d'oxyde d'azote(NOx).
L'apparition de la régulation électronique dans les systèmes d'injection a permis de stabiliser et d'affiner les réglages de base, tant au niveau du moment d'injection que du débit de combustible.
Ces différents systèmes d'injection mécaniques par pompe distributrice, régulés ou non de manière électronique, présentent comme caractéristique commune la variation de la pression d'injection en fonction de la vitesse de rotation du moteur.
Cette variation de pression d'injection rend difficile une maîtrise totale de la combustion.

L'injection du gazole



Le combustible est pulvérisé dans la chambre de combustion.
On distingue trois phases :

Le délai d'allumage ou délai d'inflammation
C'est le temps qui s'écoule entre le moment où le combustible pénètre dans la chambre et l'instant où il s'enflamme. Il est inversement proportionnel :
- à la finesse de la pulvérisation ;
- à la température de la chambre de combustion ;
- au débit des injecteurs.
Au cours de cette phase le combustible est pulvérisé, il s'oxyde et certaines de ses molécules subissent un phénomène de craquage thermique.

La phase incontrôlée
La combustion de la totalité de la quantité déjà injectée se déroule à une vitesse proche de celle du son (soit 340 m/s).
Cette combustion, 2 000 fois plus rapide que celle d'un mélange carburé dans un moteur à essence, génère le bruit caractéristique du moteur Diesel.

La combustion contrôlée
La température qui règne dans la chambre permet la combustion du gazole en continu à la sortie de l'injecteur, celle-ci se déroulant avec une émission sonore acceptable.

La pompe d'injection

Toute pompe d'injection distributrice doit être calée en fonction de la position de l'équipement mobile du moteur.

Pompe d'injection Bosch VE


Pa : Création de la pression d'alimentation (ou pression de transfert )
Php : Pompage et distribution du gazole vers les différents cylindres
Re : Variation du débit vers les injecteurs en fonction du régime et de la position de l'accélérateur
Va : Variation du début d'injection en fonction du régime du moteur
El : Arrêt du moteur (coupure de l'alimentation de la tête hydraulique)

1 : Remplissage
Le piston distributeur (1) est au PMB (Point Mort Bas), le gazole pénètre dans la chambre 4 par l'orifice 2 grâce à la pression de transfert.
Une des quatre rainures (3) d'alimentation est face à l'orifice (2) communiquant avec la pression interne, il y a alimentation de la chambre (4).

2 : Début de refoulement
La rotation obture l'orifice (2) d'alimentation et met en communication la rainure de distribution (6) avec une des quatre sorties HP (7).
La translation du piston distributeur vers le PMH (Point Mort Haut) engendre la mise en pression du gazole : il y a injection

3 : Fin de refoulement
En continuant sa course vers le PMH.
La pression chute instantanément lorsque le piston découvre l'orifice de décharge (5).
C'est la fin d'injection.
Le tiroir de régulation (8) assure le dosage du gazole injecté

4 : Début d'un nouveau cycle
La rotation du piston isole la sortie HP de la pression d'alimentation et permet un nouveau remplissage pendant que le piston retourne au PMB.
Le cycle est près pour la sortie suivante (dans l'ordre d'allumage)

1. piston doseur ; 2. Orifice d'alimentation ; 3. Fentes d'étranglement ; 4. Chambre Haute pression ; 6. Rainure de distribution ; 7. Orifice de sortie ; 8. Tiroir de régulation ; 9. Orifice de décharge


Les injecteurs

Il existe deux grandes familles de buses d'injecteur, celle à téton (1) et celle à trous.


Le premier type n'est pas utilisé pour les injections directes car il ne permet pas d'être utilisé à des pressions élevées.
La famille des injecteurs à trous, est divisée en trois types :
à siège perforé (2),
à trou borgne à dôme conique (3),
à trou borgne à dôme cylindrique (4).

Injecteurs à téton

Ils assurent une très bonne pulvérisation du gazole
- Géométrie variable de l'orifice de pulvérisation en fonction de la levée de l'aiguille ;
- Réduction de la quantité injectée pendant le délai d'allumage (forte réduction du bruit moteur) ;
- Adaptation des conditions d'injection à la vitesse du swirl sur une très large plage du régime.

Au repos l'aiguille est en appui sur son siège grâce au ressort
Le gazole sous pression arrive dans la chambre de pression. Lorsque la pression agissant sur le cône de poussée est plus forte que la force du ressort, l'aiguille se soulève et laisse passer le gazole qui est alors finement pulvérisé : c'est le début d'injection.
En fin d'injection, le débit de la pompe chute brusquement ; la pression baisse dans la chambre de pression et l'aiguille retombe sur son siège.

Le réglage de la pression d'injection s'effectue par modification du tarage du ressort à l'aide de cales de réglage.

1. Cale de réglage ; 2. Corps ; 3. Ressort ; 4. Tige poussoir ; 5. Entretoise ; 6. Ecrou du porte injecteur; 7. Buse ; 8. Aiguille ; 9. Arrivée gazole ; 10. Retour de fuite