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| Alors que l'injection directe d'essence est loin d'avoir fait ses preuves en termes d'économie de carburant, Siemens VDO Automotive présente un nouveau système, plus économique, fondé sur la technique piézo-électrique.
Frédéric Saint-Geours, patron de Peugeot, l'a confirmé lors des essais de la 407, la marque au lion a décidé d'abandonner le HPI, son moteur à injection directe d'essence. A l'origine, les constructeurs ayant opté pour ce type de motorisation promettaient une baisse de la consommation de carburant de 20 %. Toutefois, pour obtenir un tel résultat, il fallait rouler à une allure moyenne comprise entre 80 et 90 km/h... et éviter les accélérations ! Paradoxalement, l'équipementier allemand Siemens VDO Automotive vient de lever le voile sur un nouveau système d'injection direct d'essence, transposition de sa technique piézo Diesel. Ce système, dit stratifié, avait été lancé par Mitsubishi sous l'appellation GDI. Pour sa part, Siemens a commencé par fournir Renault en 1999 avec l'injecteur XL1, première génération de SDI (solenoid direct injection). L'imperfection du système est essentiellement due aux systèmes de combustion utilisés jusqu'à présent. | |
![]() L'injecteur est placé avant la soupape d'admission, le mélange avec l'air se fait dans le collecteur d'admission. |
![]() Ici, le carburant est injecté dans la chambre de combustion et le piston "le renvoie" vers la bougie en la mélangeant avec l'air. |
Le carburant injecté sur le côté du cylindre arrive sur la bougie d'allumage en étant guidé par la paroi du cylindre et la tête du piston, de forme concave. Un nuage de mélange air et carburant remplit environ la moitié du cylindre, l'autre moitié étant de l'air. Le fonctionnement à charge stratifiée, qui consiste à disposer une petite quantité de mélange inflammable à proximité immédiate de la bougie n'est possible que dans un nombre limité de situations de conduite. A cela s'ajoute la nature de l'actionneur lui-même, qui est un solénoïde. Il offre une pression comprise entre 100 et 120 bars. De plus, son fonctionnement est relativement lent, de l'ordre dune milliseconde. Ce manque de rapidité tient à la technologie utilisée pour l'actionneur : le noyau du solénoïde est aspiré de façon magnétique, et sa détente provoque l'injection. Autre écueil, la température élevée peut cuire les résidus d'essence et boucher les injecteurs dont l'ouverture est ronde. L'avantage néanmoins est que ce système n'est pas très cher. | |
![]() La nouvelle architecture du système d'injection directe par Siemens VDO. L'injecteur pulvérise le carburant très près de la bougie. |
![]() Avec la Deka VII, la pulvérisation du carburant est très fine et précise. |
L'injection directe piézo-électrique (PDI) remédie à ces problèmes du fait même de son architecture. L'injecteur est ainsi placé à la verticale du cylindre, très proche de la bougie. Pour obtenir une combustion propre, la pulvérisation du carburant doit être très fine. La pression de l'injection se monte à 200 bars, et le diamètre des gouttelettes d'essence n'est que de 15 millièmes de millimètre. En outre, la buse de l'injecteur s'ouvre vers l'extérieur. La forme de l'ouverture ressemble alors à une fente, ce qui, d'une part, évite la carbonisation et, d'autre part, assure la formation d'un nuage de mélange à proximité de la bougie. La pression est donc plus forte qu'avec le système précédent. L'injection ne prend que 0,2 millisecondes car l'actionneur en céramique est solide et dur. Le tout est piloté par un logiciel, qui contient un modèle du comportement moteur. Il évite les soubresauts du moteur en phase d'accélération car il ferme le papillon à moitié pendant une demi-seconde. Le mélange à l'intérieur du cylindre devient homogène. On récupère du couple et le conducteur ne subit aucune sensation désagréable. Les tests comparatifs avec des blocs à injection indirecte montrent que la consommation de carburant peut être réduite jusqu'à 20 %. Le PDI étant plus onéreux que le SDI, il apparaîtra en premier lieu sur les moteurs de haut de gamme. La première application est prévue pour 2006. Selon Siemens VDO, seuls les équipementiers maîtrisant la technique piézo-électrique pourront tirer leur épingle du jeu au niveau de l'injection directe d'essence. L'autre acteur est Bosch, avec son système DI Motronic qui prévoit une économie de carburant de 15 % et qui sera prêt pour la production en 2005. Les deux équipementiers se partageant le marché de l'injection directe "ancienne génération", il y a de fortes chances qu'il en soit de même pour le piézo-électrique. Quoi qu'il en soit, le client sera le seul juge de l'efficacité de ces innovations.
La nouvelle génération d'injecteurs d'essence piézo-électriques Deka VII est disponible en cinq variantes. | |